accueil / actualités / A la une

Retrouvez nos dernières prises de parole dans la presse


(14/06/217)

Lait : « Les coops ne sont pas un outil de régulation du marché »


Pascal Viné, délégué général de Coop de France, estime que l’on ne peut pas demander aux coopératives laitières de réguler l’ensemble du marché. Selon lui, les coops, bien que critiquées lors de cette nouvelle crise laitière, jouent leur rôle.

Pascal Viné, ancien haut fonctionnaire (il a notamment été directeur de l’ONF) et conseiller de plusieurs ministres de l’Agriculture, est depuis deux ans délégué général de Coop de France, confédération des 2600 coopératives agricoles françaises, dont 90 % sont des TPE/PME.

Dans le domaine du lait, 240 coopératives françaises collectent 54 % de la production nationale et pèsent 14,5 milliards de chiffre d’affaires, soit 53 % de la filière. Derrière les marques Paysan Breton, Candia, Yoplait, Régilait, Isigny, Entremont, Agrilait, Calin, Grand Fermage etc. on trouve des groupes coopératifs tels que Sodiaal, Agrial, Even, Terrena, Triskalia, Maîtres Laitiers du Cotentin… Ce poids majeur des outils coopératifs leur vaut aujourd’hui des critiques vives de la part de certains de leurs sociétaires et même de la part de Thierry Roquefeuil, président de la FNPL (branche laitière de la FNSEA).

Les éleveurs qui sont aussi sociétaires de leurs coopératives estiment que les coops payent le lait à un prix trop bas. Que répondez-vous ?

Que les coopératives laitières jouent le jeu au mieux de ce qu’elles peuvent faire. Contrairement à la situation de 2015 où le prix du lait chutait, cette fois, le prix du lait remonte. Ainsi, les coopératives vont payer en moyenne 310 euros les 1000 litres au premier semestre contre 305 pour certains groupes privés. On devrait progresser aux alentours de 320 euros sur juillet et août. A ce prix-là, un certain nombre de producteurs vont enfin pouvoir améliorer leurs comptes. Sans pouvoir, c’est vrai, reconstituer leur trésorerie, contrairement à ce qu’on observe aujourd'hui dans la filière porcine.

Il faut aussi préciser qu’en France, on a payé en moyenne 280 euros en 2016 contre 240 en moyenne en Europe.

Je voudrais enfin rappeler que ces prix sont des prix moyens de base et que pour tout comparer valablement, il faudrait prendre en compte les primes de composition du lait, de qualité et les ristournes.

En tout état de cause, la coopération ne tire pas les prix vers le bas, au contraire.

Mais pour autant, cela ne suffit pas, selon les responsables syndicaux…

Nous entendons bien ce message des producteurs selon lequel les coopératives devraient avoir un rôle directeur dans la fixation des prix. Mais les coops ne sont pas un outil de régulation du marché. Elles jouent leur rôle au service de leurs adhérents. On ne peut leur demander d’avoir une mission sur l’ensemble du marché.

Que répondez-vous aux éleveurs qui observent la flambée des cours du beurre ?

Le prix du beurre a doublé en un an, c’est vrai. Mais au contraire, la matière protéique, qui en est un co-produit, ne trouve pas preneur du fait de volumes importants en stock au niveau européen et qui pèsent sur le marché.

On comprend que le niveau de prix actuel a des causes. Mais pour autant, il ne permet pas à une majorité d’éleveurs de gagner convenablement leur vie. Alors quelle solution ?

Il n’y aura plus de système de maîtrise des volumes en Europe à part sur une base volontaire en cas de crise. La plupart des Etats membres ne veulent plus de quotas laitiers. Il faut donc permettre aux exploitants agricoles de s’organiser pour peser davantage dans la chaîne et s’approprier une part plus forte de la valeur.

En se regroupant dans des organisations de producteurs plus fortes ?

Oui, notamment. Ce qui supposera qu’on autorise à Bruxelles des dérogations sur les règles de concurrence. Car on ne peut rester, en France, dans un rapport de 1 à 100 000 entre le nombre d’acheteurs en grande distribution et nombre de producteurs.

Certains reprochent aux coopératives de ne pas savoir créer assez de valeur ajoutée dans les produits laitiers, qu’en pensez-vous ?

Que la critique est très sévère. Les marques agroalimentaires possédées par nos entreprises sont très nombreuses. Il ne faut pas oublier que la coopérative est souvent la dernière à collecter, à ne pas abandonner les agriculteurs dans des territoires isolés. Mais nous sommes conscients de la nécessité de monter en gamme dans le mix-produits, de développer nos marchés export sans négliger la diversification dans les circuits courts et le bio. Sur tout cela, la coopération est mobilisée et investit.

"Conquérir de nouveaux marchés"

 Qu’attendez-vous des Etats généraux de l’alimentation, convoqués par le président Macron pour résoudre ce problème de partage de la marge ?

La première chose que nous attendons des Etats généraux, c’est qu’une ambition claire y soit affichée pour l’agriculture et pour  la conquête de nouveaux marchés, notamment à l’export.

Ils doivent ensuite traiter la question des relations commerciales au sein de la filière. Il faut mettre un terme à la course au prix bas, encourager les relations partenariales, et faire évoluer en conséquence le code français du commerce ainsi que la réglementation européenne sur la concurrence.

Mais il ne faut pas tout attendre de la loi ! En vingt ans, il y a eu sept lois censées régir les problèmes de prix payés aux agriculteurs. On connaît le résultat !

Ces Etats généraux doivent donc être l’occasion d’encourager la structuration économique des agriculteurs, dans les OP, au sein du monde coopératif. Il n’y a pas, en agriculture, de victoire individuelle !

Nous sommes dans une compétition européenne où les concurrents ne nous feront aucun cadeau. La coopération, c’est le meilleur moyen de maîtriser son destin. C’est aussi la démocratie, qui permet de mettre en question les orientations des entreprises, de challenger les dirigeants.Le débat doit avoir lieu au sein des cooperatives.

Enfin, nous avons besoin de moderniser nos outils, que les exploitants soient protégés des aléas, qu’ils soient de marché ou climatiques, avec les outils adaptés. Car il faut concentrer notre énergie sur l’innovation et la conquête de marchés. Ce qu’on ne pourra pas faire si l'environnement économique de nos entreprises n'est pas mieux stabilisé.

Propos recueillis par André THOMAS

(Retrouvez cette interview en ligne, sur le site de Ouest-France, en cliquant ici)


(08/06/2017)

Les agriculteurs doivent retrouver
la maîtrise de leur destin

Alors que vont s'ouvrir les Etats généraux de l'alimentation annoncés par le président de la République - un rendez-vous très important qui doit conduire les acteurs à expliciter leur vision économique de l'agriculture française -, il est temps de rendre aux agriculteurs la maîtrise de leur destin. Le caractère dramatique qu'atteint la précarité de nos agriculteurs mérite que l'on s'interroge sur les moyens de leur redonner le pouvoir économique qu'ils ont perdu.

Le niveau de vie des agriculteurs a toujours été un objectif prioritaire de la politique agricole commune. Cependant, depuis quelques années, le démantèlement des outils de régulation des marchés, dont le corollaire est une extrême volatilité des cours, a conduit à déplacer progressivement la responsabilité de cet objectif vers les entreprises agricoles et agroalimentaires, accentuant ainsi les problématiques de compétitivité, de création et de partage de la valeur au sein des filières alimentaires.

Dans ce contexte, il faudra bien s'interroger, au cours des états généraux, sur l'empilement des dispositifs législatifs destinés à encadrer les relations commerciales (sept lois en vingt ans !) et qui ont montré leurs impacts négatifs dans les filières. Il est temps de dire aux agriculteurs que si la loi peut les accompagner, elle ne sera jamais en mesure de rééquilibrer les rapports de force au sein de la chaîne alimentaire dus à la trop grande faiblesse de leur pouvoir économique.

La bonne nouvelle est que les consommateurs d'aujourd'hui ne rêvent plus uniquement de prix toujours plus bas. Attentifs à l'origine, aux modes de production ou de fabrication, 59 % d'entre eux affirment privilégier la qualité, quitte à payer plus cher (Enquête Obsoco, 2016). « Il ne suffit pas qu'un aliment soit bon à manger, encore faut-il qu'il soit bon à penser ! » disait l'anthropologue Claude Lévi-Strauss. Mieux consommer incite à innover : vente directe, circuits de proximité, agriculture biologique, diversité des productions, démarches RSE, etc. En témoigne le succès de la marque du consommateur C'est qui le patron ? ! En témoigne également l'intérêt suscité par la campagne de communication de la coopération agricole, qui met en avant nos valeurs (démocratie, union, ancrage territorial) pour inviter les consommateurs français, européens et internationaux à « Consommer coopératif ».

Conforter le pouvoir économique des agriculteurs est la seule voie qui leur permettra de conquérir de la valeur. Ce pouvoir est directement lié à la capacité de se regrouper, de s'unir. La coopération agricole est à ce titre la forme d'organisation la plus aboutie. Propriétés des agriculteurs et contrôlées par eux, les 2.600 coopératives se sont développées dans l'agroalimentaire en détenant une marque sur trois.

Elles débattent démocratiquement de l'affectation de la valeur ainsi créée en votant, chaque année, en assemblée générale, la répartition entre la rémunération des producteurs (prix et compléments) et les investissements et réserves nécessaires à la pérennité des outils collectifs. Parce qu'elles organisent ce pouvoir, nos coopératives peuvent aujourd'hui s'engager dans des logiques de partenariat avec leurs clients, tels que la grande distribution, les grossistes ou la restauration hors domicile.

Si l'on veut donner aux agriculteurs la maîtrise de leur destin, le monde agricole doit pleinement revendiquer son rôle d'acteur économique et en tirer toutes les conséquences en termes d'ambition, d'organisation et d'adaptation à l'évolution des marchés alimentaires. Sans cela, nous irons vers une agriculture intégrée par l'industrie ou la distribution. Ce n'est pas ce que nous voulons !

Par Michel Prugue, Président de COOP DE FRANCE, et Pascal Viné, Délégué Général

(Retrouvez cette tribune en ligne, sur le site Le Cercle / Les Echos, en cliquant ici)


(01/06/2017)

COOP DE FRANCE : "Le monde agricole est à un tournant de son histoire"

Invité de Stéphane Dépinoy dans ":L'éco" jeudi 1er juin, Pascal Viné, délégué général de Coop de France, tire la sonnette d'alarme concernant la situation du monde agricole en France.



"Le monde agricole est en grande difficulté, il est à un tournant de son histoire" affirme Pascal Viné sur le canapé gris de ":L'éco", jeudi 1er juin.

"La grande évolution de la politique d'agriculture commune confronte les agriculteurs au marché mondial et cela rend les choses très difficile" poursuit-il.

A la question de Stéphane Dépinoy sur les difficultés des producteurs laitiers, Pascal Viné répond en expliquant que ces exploitations "ne peuvent plus payer les charges auxquelles elles font face", le prix de leur rémunération étant "trop faible". C'est pourquoi "ils sont en grande difficulté".

Pascal Viné demande au gouvernement  de réfléchir à "comment mieux rémunérer les agriculteurs pour le fruit de leur travail".

"Liberté"

Des aides de l'Etat mais plus de liberté, le beurre et l'argent du beurre ? Pour répondre à cette question qui fâche, Pascal Viné se justifie : "notre objectif avec la liberté d'entreprendre est de redonner aux agriculteurs le pouvoir d'être mieux rémunérés".

Gestionnaire de crise ou chat noir ? Il répond à la question perso : "je n'espère pas être devenu un chat noir. J'espère surtout être en capacité de gérer les crises et de pouvoir apporter les réponses". 

Comme à son habitude, Stéphane Dépinoy termine l'interview avec la chanson préférée de l'invité. Pascal Viné a choisi la Cumparsita de Carlos Gardel puisqu' il "adore le tango".

 


(02/05/2017)

Pourquoi la productivité n’est

pas l’ennemie de l’agriculture

Michel Prugue, président de COOP DE FRANCE, et Pascal Viné son délégué général s’insurgent contre les attaques politiques dont est victime le secteur. Non, productivité ne rime pas avec productivisme !

"Même si l'avenir de l'agriculture française n'est pas vraiment au cœur des débats de cette élection présidentielle, et on ne peut que le regretter, la question du modèle de production à favoriser se pose. C'est ainsi que notre modèle agricole se voit souvent accusé d'être productiviste, comme si son premier objectif était de produire des volumes toujours plus importants sans tenir compte des conséquences sur l'environnement ou la santé.

Cette vision ne correspond plus à ce qu'est aujourd'hui l'agriculture française.

Depuis 20 ans, la production agricole stagne après avoir augmenté de 1,6% par an entre 1960 à 1996. Sur les cinq dernières années, la production française de vin a baissé de 6%, alors qu'au même moment, elle s'accroissait de 1% en Espagne et de 4% en Italie, la filière volaille a perdu 22% de ses volumes et le cheptel porcin français a baissé de 7%. Dans le même temps, l'agriculture française a profondément évolué avec l'amélioration permanente de la qualité de ses produits, le développement des mesures agroenvironnementales et le verdissement de la PAC.

Pour Coop de France, qui représente 2.600 coopératives agricoles auxquelles adhérent trois agriculteurs français sur quatre, l'enjeu pour les produits agricoles et alimentaires est moins aujourd'hui celui des quantités produites que de leur valeur.

Un indicateur important est à ce titre la régression de la productivité de notre agriculture au cours des 20 dernières années pour s'établir à environ 0,6% par an contre 1,7% pour la période 1960-1996. Or, la productivité traduit la capacité de nos entreprises à générer de la valeur ajoutée. L'accroissement de cette dernière est bien entendu lié aux volumes commercialisés, mais surtout à la capacité à baisser les charges, à monter en gamme et à payer le juste prix.

Chacun sait aujourd'hui que l'on ne peut plus produire pour produire! Ce sont désormais les attentes des citoyens-consommateurs, donc des marchés et de nos clients, qui commandent nos débouchés. Ces marchés sont multiples: déjà 550 coopératives agricoles sont engagées dans le bio ; nous sommes à la fois dans les circuits courts et dans les circuits longs ; tout en produisant local, nous pouvons vendre à l'international et ainsi générer 23% du chiffre d'affaires de nos entreprises.

Innovation, optimisation logistique, numérique, performances environnementale et sociétale sont les clefs de la nouvelle productivité agricole. Alors, arrêtons de confondre productivisme et productivité, et de stigmatiser des agriculteurs qui depuis 60 ans répondent aux attentes de la société tout en subissant les effets négatifs sur leurs revenus de l'essoufflement des gains de productivité.

Une agriculture française forte sera une agriculture créatrice de valeur. Pour ce faire, elle doit être diverse, durable, innovante et capable de conquérir différents marchés, du local à l'international, du circuit direct à la grande distribution, du conventionnel au biologique. L'agriculture et l'agroalimentaire favoriseront alors l'activité dans les territoires ruraux, comme le fait aujourd'hui la coopération agricole avec ses 165.000 salariés dont les trois quarts travaillent au sein de PME/TPE.

Etre productif n'est pas un handicap et ne signifie pas que l'on soit productiviste. C'est au contraire un gage de pérennité, quelle que soit la taille de l'exploitation agricole ou de la coopérative".

Par Michel Prugue, président de COOP DE FRANCE, et Pascal Viné son délégué général.

(Retrouvez cette tribune en ligne, sur le site de Challenges, en cliquant ici)



 

 


(11/04/2017)

Une agriculture française forte
dans une Europe forte !

"Depuis 60 ans, l’agriculture française se pense et se construit à l’échelle d’un continent, l’Europe.

Depuis 60 ans, la politique agricole française est une politique européenne, la PAC. Celle-ci a permis à la France d’accroître la productivité de son agriculture, de garantir la sécurité de ses approvisionnements et d’assurer un niveau de vie plus équitable à sa population agricole.

Depuis 60 ans, notre agriculture relève donc le défi quotidien de nourrir nos concitoyens avec des produits de qualité et à des prix toujours plus bas. Au cours de cette période, les ménages européens ont ainsi divisé par deux la part de leur budget consacré à l’alimentation ! Dans le même temps, la part des dépenses agricoles dans le budget de l’Union européenne est passée de 70 % en 1970 à 37 % aujourd’hui.

Malgré le chemin parcouru, la confiance dans l’Europe est aujourd’hui ébranlée. Les raisons en sont connues : crises à répétition, suradministration, absence de perspectives,… Mais faut-il pour autant « jeter le bébé avec l’eau du bain ? ». Vouloir aujourd’hui quitter le navire agricole européen, parce que nous sommes incapables d’en influencer la trajectoire, est un terrible aveu de faiblesse. Alors que dans le même temps, les défis que nous avons à relever sont plus que jamais de dimension continentale : défi alimentaire, compétition internationale, indépendance énergétique, dérèglement climatique,…

Promouvoir la PAC

Dans ce contexte, Coop de France qui représente 2600 coopératives agricoles auxquelles adhérent trois agriculteurs sur quatre, est convaincue que c’est bien au sein de l’Europe que nous pourrons tirer parti d’une mondialisation devenue incontournable. Notre agriculture qui est la première puissance productrice de produits agricoles en Europe n’a aucune vocation à se recroqueviller sur elle-même. La question n’est donc pas de savoir s’il faut ou non une PAC, au-delà de l’échéance de sa renégociation en 2020, mais bien de définir et de promouvoir la PAC que nous souhaitons !

Pour cela, il faut d’abord réaffirmer le caractère stratégique de l’agriculture et de l’alimentation et donc la nécessité d’une politique publique ambitieuse. Toutes les grandes puissances économiques, les États-Unis, la Chine ou le Brésil, l’ont fait. Ce n’est pas un hasard. Faut-il rappeler ici qu’en soutenant ses 22 millions d’agriculteurs et de travailleurs agricoles, l’Europe en fait profiter ses 500 millions d’habitants ?

Moderniser la PAC

Il faut construire une PAC mieux adaptée aux nouveaux défis économiques. Ne soyons pas nostalgiques de temps révolus. La prochaine PAC devra assurer la pérennité des productions avec des outils de gestion des risques économiques, climatiques et sanitaires, faire évoluer le droit de la concurrence pour renforcer le pouvoir de négociation des agriculteurs, réduire les normes, soutenir la conquête de nouveaux marchés,… tout en favorisant la création de valeur sur le marché intérieur et à l’exportation (investissement, innovation). Elle devra également compenser les handicaps naturels, répondre aux attentes sociétales non marchandes et enfin assumer une certaine prise de risque par l’innovation.

Pour atteindre ces objectifs, la volonté de la France doit être forte. Nous avons besoin d’une agriculture française forte au sein d’une Europe agricole forte !"

Par Michel Prugue, Président de COOP DE FRANCE, et Pascal Viné, Délégué Général

(Retrouvez cette tribune en ligne, sur le site La Croix.com, en cliquant ici)

 


(21/02/2017)

Préservons l’emploi en milieu rural

Les entreprises agricoles ont été exclues du CICE. Pour préserver l’emploi dans nos territoires ruraux, il est plus qu’urgent de le transformer en baisse définitive des cotisations sociales.

A la veille d'élections majeures pour notre pays, l'emploi reste une préoccupation prioritaire pour nos concitoyens. Dans ce contexte, qui sait aujourd'hui que la Coopération agricole compte 2.600 entreprises employant 165.000 salariés, soit presqu'autant que l'industrie aéronautique et spatiale ? Peu de monde ! Et pourtant, nos coopératives sont présentes sur tout le territoire et particulièrement en milieu rural où sont implantés 74% de nos sièges sociaux.

Cette situation est d'autant plus remarquable que ce sont les agriculteurs eux-mêmes, propriétaires des 2.600 coopératives, qui sont à l'origine de ces emplois. Conscients de leurs responsabilités, ils agissent pour la défense de leurs exploitations, mais également de leurs outils de transformation et de commercialisation. L'emploi dans la coopération agricole s'est ainsi maintenu entre 2008 et 2014, alors qu'il a diminué de 11 % dans l'industrie manufacturière.

8.200 recrutements en 2015

Plus que les 15 grands groupes coopératifs et les 150 coopératives de taille intermédiaire, ce sont bien les PME-TPE, qui représentent 90% des coopératives agricoles, les principaux pourvoyeurs d'emplois : 76 % des salariés travaillent en effet dans des entreprises de moins de 250 salariés.

Le combat pour l'emploi est bien entendu le combat pour le renouvellement des générations en agriculture, mais aussi celui pour l'attractivité des emplois salariés notamment auprès des moins qualifiés et des jeunes. En 2015, les coopératives agricoles ont ainsi recruté 8.200 salariés, dont 5.000 ont moins de 30 ans.

Elles investissent également dans la formation avec 3.600 contrats d'apprentissage et 1.100 contrats de professionnalisation conclus dans le cadre du pacte de responsabilité depuis 2014. C'est également le combat pour la diversité de l'emploi en milieu rural. Par la multiplicité de leurs métiers, les coopérativités agricoles recrutent à tous les niveaux de qualification : du CAP au Bac + 5, offrant ainsi une large palette de possibilités d'emploi aux habitants de ces territoires.

Des activités ni opérables ni délocalisables

La mobilisation des coopératives est forte, car elles sont conscientes de leurs responsabilités et persuadées que c'est en soutenant leur compétitivité que l'on soutiendra l'emploi. Le pacte de responsabilité, dont le principal outil est le CICE, n'a pas permis le choc de compétitivité tant attendu. Pour les coopératives agricoles, qui en ont été exclues alors que 75% de leur masse salariale (de l'ordre de 2 milliards d'euros) est éligible, la situation est totalement incompréhensible.

Les coopératives sont par nature ancrées dans les territoires et leur caractère ni opéable ni délocalisable ne doit pas faire oublier que dans un marché ouvert et concurrentiel leur pérennité est étroitement liée à leur rentabilité. Et ce n'est pas parce qu'elles relèvent du secteur de l'économie sociale et solidaire qu'elles n'en sont pas moins des entreprises.

Alors, mesdames et messieurs les candidats à l'élection présidentielle qui voulez défendre l'emploi en milieu rural, mettez en cohérence les moyens utilisés avec les objectifs affichés et transformez, enfin, le CICE en baisse définitive des cotisations sociales. Nos entreprises ont besoin de stratégies publiques lisibles qui redonnent le goût d'entreprendre. Sans les entreprises et sans compétitivité, il n'y aura pas de création d'emplois.

Par Michel Prugue, Président de COOP DE FRANCE, et Pascal Viné, Délégué Général

(Retrouvez cette tribune en ligne, sur le site Le Cercle / Les Echos, en cliquant ici)

 

page 1 sur 1

Avenir du secteur agricole et agroalimentaire : retrouvons l’audace et l’esprit de conquête ! - 10/05/2017

Avenir du secteur agricole et agroalimentaire : retrouvons l’audace et l’esprit de conquête !


lire la suite

Coop de France se positionne dans le débat public et lance la « 3ème semaine de la coopération » - 12/04/2017

Coop de France se positionne dans le débat public et lance la « 3ème semaine de la coopération »


lire la suite

Coop de France partenaires de nombreuses conférences et salons en 2017 - 22/03/2017

Coop de France partenaires de nombreuses conférences et salons en 2017


lire la suite

Découvrez le catalogue des produits et vins coopératifs - 21/03/2017

Découvrez le catalogue des produits et vins coopératifs


lire la suite

page 1 sur 1

haut de page